En 938, NGO QUYEN chasse l'envahisseur chinois et fonde un état indépendant.

Les techniques ont atteint un haut niveau et sa pratique repose sur un esprit chevaleresque empreint des principes des trois philosophies (Tam Giao : Confucianisme, Taoïsme et Bouddhisme) et faisant apparaître le terme " DAO " , (Voie, au sens spirituel).

 C'est une grande nouveauté, à une époque ou les meurs restent encore très frustes (le plus souvent basées sur la violence), de voir la pratique martiale être considérée comme une Voie pour l'accomplissement spirituel de l'individu.

La frontière entre l'Art de la Guerre (à l'usage de l'armée) et les arts martiaux deviendra alors plus précise. De nombreux Maîtres quitteront le devant de la scène pour s'isoler dans la montagne, refusant ainsi les honneurs pour ne se consacrer qu'à leur recherche physique et mentale. Ils n'acceptaient que peu (ou pas) de disciples (leur enseignant des disciplines aussi diverses que la calligraphie, les échecs chinois, la philosophie ou encore les secrets de la médecine traditionnelle) et vivaient le plus souvent très modestement, certains d'entre eux étant de perpétuels voyageurs allant de temples en villages et n'étant soumis à aucun carcan administratif. La littérature populaire vietnamienne regorge de récits retraçant les pérégrinations de ces hommes décrits comme des " chevaliers au grand coeur " et qui n'hésitaient pas à se porter au secours des humbles villageois.

D'autres Maîtres d'arts martiaux (Thây Võ), par contre, recevront des nominations officielles pour aller enseigner dans les plus lointains villages (chaque village devait avoir son instructeur reconnu) ou pour dispenser leurs connaissances aux gens de la Cour impériale (obligation étant faite à tous les fonctionnaires et courtisans de pratiquer le Võ).

La dynastie TRAN favorisa davantage les Art Martiaux par la création de licences et de doctorats d'Art Martiaux

C'est là un véritable " âge d'or " de la pratique martiale au Viêt-Nam, âge d'or qui donne toute son originalité au VO en tant qu'art martial porté par tout un peuple.

Il existait déjà, bien sûr, de nombreuses écoles ou Styles (parfois forts différents dans leur approche de la tactique du combat) ; cependant, à la différence d'autres pays asiatiques, la pratique martiale, en cette fin de " Moyen Age " vietnamien, n'est pas réservée à la seule caste militaire ou aux personnes de la noblesse.

 

Ainsi verra-t-on, lors des invasions mongoles (XIIIe siècle), le général TRAN HUNG DAO réunir tous les Maîtres d'arts martiaux pour leur demander de s'unifier afin de former l'ossature de l'armée populaire (Nhân Dân tu vé) qui devait, par trois fois, vaincre la puissante armée mongole (sauvant ainsi, par contrecoup, le Japon d'une nouvelle invasion des troupes de Koubilaï) grâce à la mise en pratique des théories martiales citées plus haut.

Pour la première fois, à cette occasion, toutes les techniques seront présentées et codifiées, d'autres étant inventées ou améliorées pour répondre à la menace spécifique (techniques de ciseaux par exemple).